Affaire Fillon, surprise Macron, retrait d’Hollande, la campagne 2017 a été une source inépuisable pour les journalistes politiques. À l’image des tweets, du direct et de l’instantanéité de l’information : certains livres politiques s’ancrent désormais dans le temps court et l’immédiateté. Enquête sur les quickbooks.

Raconter tout ce qu’on ne peut pas dire dans son journal ?

Le 8 mai, au lendemain des résultats du second tour, des dizaines de livres prennent d’assaut le rayon politique des librairies. « Mon livre, c’est un an d’enquête et trois mois d’écriture », affirme Laurent Neumann, journaliste politique à RMC et BFM TV et auteur de Les coulisses de la campagne 2017. « J’ai voulu raconter cette campagne comme un roman, mais, à la différence du romancier, je ne connaissais pas la fin et je ne suis jamais revenu sur ce que j’avais écrit au début. » Une écriture en direct, sans en connaître la chute, qui reflète, selon l’éditorialiste, le travail des journalistes politiques : « Au lieu d’écrire une chronique politique d’un feuillet, on passe à 350 pages.» Si le livre politique est censé incarner le format long, le recul et l’analyse, ces publications éclairs ont brouillé les genres. Elles sont aux antipodes du livre-entret